Individu parmi tant d’autres

De plus en plus poussé, de plus en plus modelé et écrasé, l’être humain se voit contraint depuis plusieurs années de se « surconstruire ». Ce que j’entends par ce terme, c’est cette tendance malheureuse à vouloir nous ériger au-delà de nos capacités physiques et mentales. Je ne dis pas, bien sûr, que l’homme est sot ou incapable, non, loin de là. Ce que je tente de traduire ici c’est cette recherche éprouvante pour le corps et l’âme d’une perfection qu’on nous pousse à atteindre en sachant parfaitement que le psychique n’est pas à même d’y parvenir. Burn out, dépression, angoisse, et silence surtout. Chacun chez soi avec ses médicaments, son confort, ses machines, ses écrans, son quotidien dans la routine de la recherche d’une production nouvelle.

Les chiffres, les statistiques, l’argent, les modes, les médias, et au milieu de tout cela, moi individu, je dois m’élever au cœur des foules pour me démarquer : je dois être le meilleur, le plus original, le plus performant, le plus « tout » jusqu’à m’en ruiner la santé et détériorer mes rapports à autrui. D’ailleurs, qui est Autrui? un opposant? un inconnu? Je suis seul dans mon salon devant ma télévision, à me projeter bien sagement dans le dernier voyage exotique de la nouvelle star en vogue. Je ne suis pas fatigué, j’ai mon café, ma cigarette, mes écouteurs bien vissés dans les oreilles et cet optimisme infaillible de croire que peut-être on se souviendra de moi après mon trépas, que je parviendrais à quelque chose de notoire. Je produis et on me demande de produire plus, de consommer plus aussi. Car la consommation est le propre de mon essence, de ce qui me fait « être de la société ». Il faut que je me prenne en main, que je sois déterminé, intransigeant, perfectionniste et surtout solide comme un roque.

Mais à quoi bon toute cette routine? Toutes ces habitudes ? Tous ces challenges? Toutes ces publicités qui vendent du rêve? Si au final l’homme reste plus seul qu’auparavant à regarder son corps se détériorer et son esprit flancher? Si au final nous ne rêvons plus pour nous mais pour ce qui est le meilleur pour nous en tant qu’élément de la société? On nous donne des responsabilités qu’on ne demande pas afin de nous asseoir dans les fauteuils d’une salle obscure qui diffuse en boucle les images d’une société qui nous lave le cerveau. Et le pire dans tout ça, c’est que malgré ces magasines, ces accessoires, ces sourires, ces belles voitures, ces grandes maisons, l’être qui est un homme accompli au sens de la société qu’est la notre n’est pas pour autant un homme heureux.

what+it+takes+to+fly

Ponyo L.

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